Vous êtes “Responsable Nivoculture”, en quoi consiste votre métier ?

Avec mes deux collaborateurs, Thibaud Falcoz et Cédric Blanche, nous avons pour mission d’assurer l’enneigement des pistes. Pour y parvenir, nous sommes aidés par 457 enneigeurs, alimentés par 7 usines à neige et 3 points d’eau ! En hiver, l’activité principale est la programmation de l’enneigement des pistes. Avant l’ouverture de la saison, nous produisons de la neige pratiquement 24h/24h, afin de garantir un enneigement suffisant pour ouvrir le domaine, mais aussi pour créer la sous-couche de neige qui tiendra jusqu’au printemps.

Chaque jour, les chauffeurs de dameuse répartissent les tas de neige formés, et nous disent s’ils ont besoin de plus ou moins de neige à tel et tel endroit. On fait également de la surveillance et du dépannage si nos enneigeurs tombent en défaut. La période estivale est plutôt dédiée à la maintenance de notre parc, à l’installation de nouveaux enneigeurs qui viendront principalement renforcer les zones stratégiques et surtout importantes pour nos clients : les liaisons 3 Vallées, les zones débutants et les retours stations.

Depuis que vous exercez ce métier y-a-t-il eu des évolutions, techniques ou autre ?

Le matériel en lui-même a changé : nous n’utilisons plus le même type d’enneigeurs qu’il y a quelques années, car les fabricants en proposent de nouveaux, beaucoup moins gourmands en électricité et produisant pourtant un volume de neige plus important. La manière de travailler à évoluer également. Tout est beaucoup plus pointu et précis, afin d’obtenir partout sur le domaine un enneigement d’une qualité exceptionnelle.

La neige de culture, c’est aussi bien que la neige naturelle ?

Oui, même peut-être mieux encore pour le ski ! La neige de culture est plus résistante : elle résiste mieux au temps et au passage des skieurs car elle est plus compacte. S’il est clair qu’un tas de neige de culture ne remplacera jamais une tombée de neige fraîche, une fois damées, les deux se valent niveau qualité de glisse et sensations. Il faut également savoir que la neige de culture est produite de façon naturelle, c’est de l’eau, de l’air et du froid. À la fin de l’hiver, la neige fond et retourne à la nature. Nous gérons nos ressources au plus juste, en limitant les quantités d’eau prélevées dans le Doron pour alimenter nos enneigeurs.

Quelles sont les principales difficultés que vous pouvez rencontrer ?

On est à 100% tributaires du froid. S’il ne neige pas mais que les températures le permettent, nous pouvons tout de même garantir l’ouverture du domaine grâce uniquement à la neige de culture. En revanche, si les températures refusent de chuter en dessous de -4C (en température humide), comme c’était le cas l’an dernier, nous pouvons alors faire face à de grosses difficultés...